Pourquoi bébé pleure dès que je le pose ?

Le moyen le plus simple et le plus évident pour un bébé de communiquer avec ses proches, ce sont les pleurs. Il arrive qu’un bébé pleure dès que je le pose. Quand cela devient systématique, il faut l’avouer, c’est embêtant aussi bien pour la mère que pour le bébé lui-même. Pourquoi un bébé pourrait-il pleurer dès qu’on le laisse un peu ? Le fait de le poser ne serait-il pas qu’une raison apparente ? Répondons à toutes ces interrogations.

Comprendre les pleurs d’un bébé

Pour savoir pourquoi un bébé se plaint toutes les fois qu’on se détache un peu de lui, il convient de savoir déchiffrer les pleurs d’un enfant. En effet, un enfant se manifestera pour exprimer des besoins et des soucis divers. Qu’il s’agisse d’ennuis, de faim, d’inconfort, de douleur ou de n’importe quel mal-être, c’est par le biais des pleurs que se manifestera un enfant. Les parents quant à eux, n’ont souvent d’autres réflexes que d’offrir le confort de leurs bras. Ce qui ne correspond pas toujours à la requête du plaignant.

La toute première chose que doivent savoir les parents, c’est qu’un nourrisson est programmé pour pleurer au moins 2 h quotidiennement. Il est montré qu’environ 25 % des bébés sont capables de pleurer près de 3 h au quotidien.

un nouveau-né porte un body blanc avec une tête d'ours dessus. Il pleure dans les bras de sa mère qui le dépose sur une couverture blanche.
Pleurer est tout à faire normal pour un nouveau-né, c’est son seul moyen d’expression durant les premiers mois de sa vie

Que disent les chercheurs sur les pleurs ?

Les 3 premiers mois sont les moments où les nourrissons pleurent le plus. Toutes les investigations concordent à l’affirmer. C’est aussi pendant ce temps que les pleurs suivent un stéréotype désigné par l’expression : courbe des pleurs. De la 2e à la 3e semaine de vie, les pleurs d’un nourrisson s’intensifient. Cette intensification arrive à son pic entre la 6e et la 8e semaine environ, pour ensuite s’atténuer progressivement en atteignant la 12e semaine de vie.

Les 12 premières semaines, un enfant peut pleurer soudainement et spontanément et se taire aussi brusquement qu’il a commencé, sans qu’il n’y ait la moindre possibilité d’en savoir la cause. Cela se produit surtout à la tombée de la nuit. Ni le lait maternel, ni les cajoleries ne viennent à bout. Il n’y a pas de quoi s’inquiéter face à ce phénomène. C’est normal. Le devoir parental à ce moment, se limite à faire sentir à l’enfant que l’on est là pour lui.

Laisser pleurer un bébé : est-ce une bonne idée ?

Consoler un enfant chaque fois qu’il pleure, le rassure. Lorsque qu’il se rend compte qu’on s’occupe de lui promptement, il ressent de l’affection et de la sérénité. Selon certaines idées reçues :

  • un enfant qui pleure est manipulateur ;
  • laisser pleurer un enfant le rend fort et renforce ses poumons.

Il n’en est absolument rien. Il faut se méfier de ce genre d’idée reçue.

S’il est bon de consoler un enfant, il faut cependant éviter de le secouer. Pourquoi ? Le cerveau d’un bébé est très fragile. Des secousses contre la boîte crânienne pourraient créer des lésions au cerveau voire coûter la vie au bébé.

Bébé qui pleure : comment faire ?

Les pleurs ont-ils un sens ?

Même si cela ne fait pas l’unanimité, pour certains chercheurs, les nourrissons ont toute une gamme de pleurs, pour exprimer des émotions différentes. Ainsi, la faim, la douleur, l’ennui, le besoin d’être blotti dans les bras de maman, sont tous exprimés avec des pleurs appropriés. Par ailleurs, de l’avis de plusieurs experts, si les pleurs ne permettent pas de savoir leur cause de façon précise, elles permettent tout de même de mesurer l’intensité du chagrin. Certaines mères observatrices et attentives, réussissent à deviner certains désirs de leur bout de chou.

Dès qu’un enfant a 3 mois, il commence à développer certains réflexes pour interagir et mieux communiquer avec son entourage. Il peut alors s’exprimer en utilisant des pleurs distinguables :

  • Pour faire savoir qu’il a faim, ses pleurs sont légers et lents au départ, puis intenses, rapides et rythmiques.
  • Des pleurs aigus, stridents, courts, rythmés au point de paraître mélodieux, sont l’expression de la douleur.
  • La fatigue et l’ennui quant à eux, font entendre des pleurs doux qui s’alternent avec des silences de quelques minutes. Ces pleurs s’intensifient quand aucune solution n’est proposée.
une jeune enfant habillée tout en rose se frotte les yeux pour signifier qu'elle est fatiguée
Un bébé se frotte les yeux de fatigue : il est temps d’aller au lit

Quelques raisons plausibles de pleur

  • Pendant une tétée, si des plaintes commencent, bébé est certainement repu, ou est aux prises avec des maux de ventre.
  • Lorsque les pleurs commencent alors qu’il est dans les bras de maman, il est certainement épuisé et préfère dormir ; la probabilité qu’il ait faim n’est pas à exclure même s’il s’est nourri depuis peu (2 h). L’envie soudaine de sucer peut être la cause. Il peut aussi être question de distraction ou de stimulation. De la musique, un jouet, un câlin, un massage peuvent le satisfaire. De tels pleurs peuvent être dus à un inconfort : une couche inchangée, la chaleur, la fraîcheur ou une rougeur.
  • Quand le bébé est seul dans son berceau et que surviennent des pleurs, une couche mouillée, la chaleur ou la fraîcheur peuvent être à la base. Quand un enfant a suffisamment dormi, il a envie de sortir du lit. Il veut certainement de la compagnie. Entre 2 cycles de sommeil, des pleurs peuvent se faire entendre. Si c’est le cas, quelques minutes suffisent pour que votre bout de chou reparte dans les bras de Morphée.

Bébé pleure dès que je le pose : pourquoi ?

Il n’est pas rare d’entendre dire qu’un bébé est capricieux. Les tout petits enfants ne connaissent encore rien des caprices. Il est tout simplement un fait, qu’ils n’ont que les pleurs pour exprimer des besoins ou un état qui leur est inconfortable. Les premières personnes qu’un bébé reconnaît, ce sont surtout ses parents. Comment ? Par leurs odeurs, leurs voix, leurs façons de le tenir.

Un bébé qu’on pose peut pleurer parce qu’il ne se sent pas en sécurité. C’est un point important pour les enfants. Toute personne qu’ils ne connaissent pas, inspire de l’insécurité à leurs yeux. Tout espace dans lequel se retrouvent les enfants, ne leur inspire confort et sécurité, que si maman est à proximité. En somme, sécurité et confort sont étroitement liés à la personne et à la présence des parents. Les bras de maman sont les plus confortables, ceux de papa, les plus sûrs. Quand l’enfant grandit et qu’il commence à connaître une foule de personnes, il apprend à s’attacher à d’autres personnes comme ses frères et sœurs par exemple.

Certaines mamans portent constamment leur enfant. Cela n’empêche pas le petit de pleurer quand cela lui chante. Cela démontre tout simplement qu’il n’y a pas que le besoin de sécurité qui fait pleurer un bébé dès qu’on le pose.

un bébé est porté dans les bras de sa maman qui le serre contre elle. le bébé regarde avec un peu de crainte autour de lui. bébé pleure dès que je le pose
Porter un bébé dans ses bras le rassure face à ce monde étrange et inconnu pour lui

La réponse des parents aux pleurs joue sur le comportement de l’enfant

On peut observer quelque part, que tous les enfants ne pleurent pas systématiquement lorsque leur maman les dépose. Peut-être que ce phénomène nous donnera quelques pistes de réponse. Une étude a permis une mise en évidence des pleurs de bébés en relation avec la réaction à ces pleurs, de la part des parents, notamment la mère. 2 groupes de bébés ont été observés durant les trois premiers mois suivant leur naissance.

Au premier groupe de bébés, il a été recommandé aux mamans de réagir immédiatement aux lamentations de leur enfant en le prenant dans les bras et en le câlinant. Dans le second groupe de bébés, les mamans avaient pour instruction d’ignorer l’enfant dès qu’il se mettait à pleurer. Bien sûr, il fallait se rassurer qu’il ne s’agissait pas de faim.

Les 3 premiers mois ont déjà montré des résultats significatifs. Les enfants du premier groupe ont développé un réflexe qui consiste à pleurer aussitôt qu’on les pose. Et si l’on traînait à les prendre, ils persistaient jusqu’à ce qu’on les prenne. Et si éventuellement une personne autre que le père ou la mère, venait à prendre un bébé du premier groupe, il continuait à pleurer jusqu’à ce que l’un de ses géniteurs le prenne dans ses bras.

Les premiers moments ont été particulièrement difficiles pour les bébés du 2e groupe. Ces bébés pleuraient beaucoup et ont fini cependant par développer un réflexe qui consiste à pleurer pour indiquer un besoin puis à se taire d’eux-mêmes s’ils ne trouvaient pas satisfaction. Mais ils reprenaient quelques instants après. Cependant, quand c’est la faim qui les tenaillait, ils étaient prêts à crier jusqu’à l’épuisement. Bien entendu, on ne les poussait pas à cet extrême. Dans un premier temps, ces enfants, tout comme ceux du premier groupe pleuraient dès qu’on les posait.

Le résultat sur l’enfant selon la réaction parentale

La même expérience s’est poursuivie avec les mêmes groupes d’individus jusqu’à ce que les enfants aient 6 mois. Qu’a-t-on constaté ?

Devant un chalet en bois, 2 parents et leur bébé en premier plan. Le papa entoure la maman avec ses bras et approche son visage du bébé qui est porté dans les bras de sa mère.
La complicité s’installe dès les premiers mois

Les enfants du 1er groupe :

  • avaient développé une très grande affection vis-à-vis de leur parent ;
  • étaient devenus très dépendants de leurs parents ;
  • ne supportaient pas la moindre absence des géniteurs ;
  • entendre la voix de leur parent, pouvait suffire à les consoler, mais pas à les calmer ;
  • détestaient aller dans les bras d’autrui ;
  • ne souriaient à autrui que quand ils étaient bien calés dans les bras de leurs parents;
  • ils étaient devenus impatients ; quand ils faisaient sur eux, tant qu’on n’avait pas changé la couche, ils pouvaient crier hystériquement jusqu’à ce qu’on leur change la couche ;
  • dès que les parents les posaient, ne serait-ce que pour quelques secondes, ils se mettaient à pleurer.

Les bébés du 2e groupe quant à eux :

  • avaient développé une indifférence voire presque un désintérêt vis-à-vis de leurs parents ;
  • ils ne pleuraient que pour réclamer le sein ou pour signaler un inconfort ;
  • mis à part la faim, pour tout autre besoin, ces enfants acceptaient d’être dans les bras d’autrui ;
  • ils étaient heureux chaque fois qu’il y avait une présence étrangère, et se sentaient en sécurité avec presque tout le monde ;
  • ces enfants étaient devenus patients et avaient tendance à être indépendants quand ils le pouvaient. Ainsi, quand ils faisaient sur eux, après avoir brièvement pleuré, ils patientaient jusqu’à ce qu’on leur change la couche.
  • quand les parents les posaient, ils n’éprouvaient pas le besoin d’être repris. Mieux, quand ils étaient dans les bras d’un de leurs parents et qu’une nouvelle présence se faisait sentir, ils avaient tendance à vouloir le contact avec celle-ci.

Que peut-on conclure de cette expérience ?

La première chose qui saute à l’œil est que les enfants s’adaptent aux conditions qu’on leur suggère. L’enfant naît avec des instincts primaires qui se modifient plus ou moins au gré des circonstances qu’on lui fait vivre. Ainsi, pour mieux comprendre un bébé qui pleure dès qu’on le dépose, en dehors de tout ce qui peut rendre un enfant pleurnichard, il faut questionner ses propres comportements en tant que parent.

On peut donc déduire de cette expérience qu’en tant que parents, nous faisons des enfants, ce qu’ils deviennent. Par ailleurs, on a aussi constaté un changement d’attitude des parents vis-à-vis de leur enfant. Les mères à qui l’on a donné l’instruction de réagir promptement aux sollicitations de leur enfant, sont devenues presque trop attachées à leur enfant. Incapables de faire 3 pas sans se retourner pour voir si le bébé n’a pas besoin de quelque chose ; même quand il dort. Cela paraît caricatural, mais c’est bien le cas.

À l’opposé, les mamans qui ont reçu l’instruction de jouer les cœurs durs, ont développé une indifférence réciproque vis-à-vis de leur enfant. On note aussi de la part de ces mères, une sorte d’insensibilité aux détresses de leur bout de chou.

Comment faire en sorte qu’il arrête de pleurer

Il peut arriver qu’un enfant, malgré une certaine indifférence à son endroit, persiste à réclamer de l’attention. On ne le dira jamais assez, un enfant qui pleure ne le fait pas pour embêter. Il n’est pas suffisamment mûr pour manipuler qui que ce soit. L’expérience a prouvé que tant qu’un enfant ne se sent pas en sécurité dans son environnement, il ne réussit pas à trouver un équilibre d’indépendance. Il convient donc de rassurer un enfant qui pleure, non pas en le prenant systématiquement dans ses bras, mais en lui montrant que l’on est là :

  • en lui faisant des câlins ;
  • en lui fredonnant des chansonnettes ;
  • en lui murmurant à l’oreille ;
  • en lui accordant suffisamment d’attention pour qu’il se sente comblé.

On peut ensuite se détacher quand on sent qu’il va mieux et qu’il retrouve son calme. Ce n’est que quand l’enfant retrouve la sérénité, qu’il réussit à prendre de l’indépendance. Dans l’expérience que nous évoquions plus haut, un enfant qui connaît longtemps la frustration finit par s’adapter et prend de l’indépendance. Mais tous les enfants sont-ils capables d’une telle adaptation ?

Un enfant longtemps frustré peut ne pas réussir à s’autonomiser. Bien au contraire, il pourrait devenir de plus en plus angoissé, et cela ne saurait présager d’une bonne santé psychologique pour l’enfant. C’est donc le juste-milieu qu’il est convenable de viser. C’est-à-dire ? Concrètement, il est préférable de ne jamais ignorer les pleurs d’un enfant. En revanche, il n’est pas question de le mettre dans ses bras de façon automatique. L’enfant pourra alors prendre de l’indépendance tout en ressentant l’attention de ses parents.

Les câlins qui étouffent

une maman serre sa fille dans les bras et l'embrasse sur la joue
Des câlins oui, mais pas trop

À tort ou à raison, certains parents câlinent à tout bout de champ. Cela peut aussi agacer un enfant. Tous les enfants n’apprécient pas d’être tout le temps dans les bras de maman. Chaque enfant a un tempérament qui lui est propre. Si la majorité des enfants se détachent de leur mère, la puberté venue, certains prennent très tôt leur indépendance.

On ne peut se laisser aller à des découvertes que quand on est suffisamment confiant. Cette confiance, c’est avec ses parents que l’enfant la trouve. Savoir qu’il peut compter sur eux, le rend serein. Certains enfants sont naturellement zen et d’autres souvent aux prises avec l’anxiété. Être à l’écoute, permet aux parents de connaitre la conduite à tenir face au tempérament d’un enfant. En étant disponible sans se faire indispensable, on réussit à s’adapter à leurs besoins.

Le juste équilibre tant recommandé n’est pas si évident pour les parents. Et pourtant, c’est à eux de conduire la barque. Les parents ont aussi leur tempérament à eux. Une mère trop attentive peut étouffer son bébé sans le vouloir. D’où la nécessité d’apprendre à se détacher soi-même, et de savoir apprendre à son enfant de se sentir bien que l’on soit avec lui ou non. Les grands-parents, la nounou ou encore la crèche, sont autant de possibilités à exploiter.

La communication de l’émotion

Il est crucial de savoir que les enfants ont une sensibilité à fleur de peau. Ils savent ressentir le moindre petit sentiment, le moindre état d’âme. Quand on est nerveux, l’enfant le ressent et se met aussi dans cet état. Quand on est détendu, il l’est tout autant. Lorsque vient le moment de confier son enfant à la nounou, il faut donc le faire dans un état décontracté et serein. Le bébé le ressent. Et cela facilite les choses.

Bébé pleure des que je le pose, toujours pour une raison

Pour finir, remarquons que lorsqu’un enfant gagne en confiance, il ne pleure plus dès qu’on le pose ; à moins qu’il ait un autre problème. Nous avons évoqué plus haut, les causes possibles de pleurs. Il est donc capital de permettre à un bébé de retrouver ses marques autour de lui, dans le monde extérieur. Pour ce faire, il faut par exemple le laisser quand il n’est pas demandeur. Eviter d’être toujours là, l’aidera à s’autonomiser. Être là quand il en a besoin le rassurera.

Avez-vous été confronté à ce problème ? Comment l’avez-vous vécu ? Dîtes-nous en commentaire.

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