Comment fonctionne une crèche parentale ?

Les demandes de garde d’enfants maintiennent une courbe croissante. Pourtant, les crèches traditionnelles affichent complet et ne peuvent y répondre. Face à cette pénurie de place, une seule solution : l’ouverture d’une crèche parentale. Il s’agit d’une structure associative en mesure d’accueillir des enfants en bas âges, à la manière d’une crèche classique. Comment fonctionne une crèche parentale ? Découvrez dans cet article les rouages qui régissent ce mode de garde collectif.

La création d’une crèche parentale

La création d’une crèche parentale requiert de l’énergie, de l’endurance et du temps. Les démarches prennent entre un à deux ans, rehaussant le risque d’abandon en cours de route.

Étape 1 : Fonder une association

Trouver des parents déterminés constitue la première étape. Nul besoin de réunir toute une armée d’adultes. Un regroupement de 4 à 5 familles suffit. Combinez plusieurs méthodes de promotion : publication dans les journaux et manifestation dans les réseaux sociaux.

Après le rassemblement vient la création d’une association loi 1901. Elle passe par la désignation d’un président, d’un trésorier et d’une secrétaire. Localisez également une adresse qui servira de siège social. Établissez ensuite le statut comprenant :

  • l’objet de l’association ;
  • les cotisations ;
  • le fonctionnement ;
  • les ressources.

Enchaînez les rassemblements en vue de définir les grandes lignes de l’association. Mettez en lumière ses modalités de fonctionnement. Précisez le projet éducatif, le cadre de vie ainsi que les activités d’éveil. Finissez cette étape avec un premier budget prévisionnel d’investissement.

Étape 2 : S’occuper des détails administratifs

Arrive l’étape des contraintes administratives. Rendez-vous auprès de la préfecture ou de la sous-préfecture de votre lieu de résidence. Elle vous listera les détails des démarches et vous indiquera les documents constitutifs du dossier de montage d’une crèche parentale.

D’autres visites s’imposent chez le médecin du centre de Protection Maternelle et Infantile (PMI) et auprès de la Caisse d’Allocations Familiales (CAF). Poursuivez à la mairie de votre domicile. Les visites sont à vocation informative.

Prenez également contact avec l’Association des Collectifs Enfants Parents Professionnels. L’organisme vous prêtera main-forte dans votre projet.

Étape 3 : Se concentrer sur le local et le personnel

L’ultime étape est de dénicher le lieu d’accueil, une démarche déterminante à l’obtention des subventions. Le choix repose sur un critère essentiel : l’espace du local mesuré au mètre carré, sachant que 16 enfants occupent entre 100 à 120 m2.

Le médecin de la PMI ainsi que la Commission de sécurité de la préfecture ont leur mot à dire dans le projet pédagogique. Ils accordent l’agrément nécessaire à l’ouverture du local. Au besoin, ils pourront exiger quelques travaux d’amélioration, de réparation et d’entretien avant la délivrance de l’agrément. L’expertise d’un architecte d’intérieur s’avère également de mise.

Penchez-vous ensuite sur la question du personnel comprenant un puériculteur, un éducateur de jeunes enfants et un responsable technique (qui assurera la sécurité et l’hygiène des lieux). La présence d’experts conditionne l’obtention de l’autorisation d’ouverture. Le Code de la santé publique somme aussi la présence permanente et minimum de 2 parents.

La demande d’autorisation d’ouverture auprès du Président du Conseil général achève les procédures.

Les organes décisionnaires d’une crèche parentale

Les parents sont au cœur du projet et s’investissement pour la bonne marche de la structure, voilà comment fonctionne une crèche parentale.

Le directeur général de la crèche parentale

Le directeur est le premier responsable de l’établissement et doit être différent du directeur de l’association. Son recrutement requiert le consentement des membres de l’association. Son premier rôle est d’assurer le bien-être des enfants. Il veille au respect des principes philosophiques de la vie au sein de la crèche et se porte garant de son bon fonctionnement. Un éducateur de jeune enfant peut endosser ce rôle.

Au regard de ces tâches, les missions du directeur général s’annoncent complexes. La peur n’a cependant pas lieu d’être, car vous bénéficierez des appuis de l’association ACEPP (Association des collectifs enfants parents professionnels) et de votre mairie.

La répartition des tâches

L’évolution de la crèche dépend de l’investissement des parents. Chaque famille remplit une permanence d’une demi-journée. Cette durée favorise le contact avec les enfants et leur permet d’accomplir leurs tâches respectives. À titre d’exemple, si certaines mamans s’acquittent de la décoration, d’autres se chargent de la cantine. Les amateurs de bricolage réalisent les travaux d’entretien.

Dans un souci de transparence, les questions d’ordre techniques incombent aux professionnels, tandis que les tâches administratives reviennent aux cotisants. L’objectif est de trouver le juste équilibre entre la distribution des différentes responsabilités.

dans une crèche, 2 adultes s'occupent de jouer avec 2 enfants sur une table. Ils jouent avec de la pâte à modeler.
2 parents doivent être obligatoirement présents dans une crèche parentale

Les organes décisionnaires de la crèche

Pour comprendre comment fonctionne une crèche parentale, vous devez cerner son organigramme. Les membres décisionnaires sont : le président et le Conseil d’administration (les membres du bureau et les représentants des parents). À noter qu’une décision ne peut être tranchée sans l’aval des membres dans le cadre d’une assemblée générale.

Par ailleurs, les parents jouent plusieurs rôles. Moteur de la structure, ils réalisent :

  • les organisations des ateliers, des activités et des jeux ;
  • l’encadrement des enfants ;
  • les travaux de bricolage ;
  • l’achat des équipements ;
  • le recrutement du personnel ;
  • la gestion du matériel ;
  • l’administration du budget ;
  • la fixation du règlement intérieur ;
  • la sélection de l’équipe pédagogique.

Le volontariat est encouragé. Ainsi, les parents qui possèdent les aptitudes à l’exercice d’une fonction spécifique sont les bienvenus.

L’encadrement des activités

Un responsable technique diplômé encadre l’ensemble des activités. En outre, une puéricultrice, un médecin ou une éducatrice font l’affaire. La personne obtiendra l’aide des professionnels salariés de la petite enfance. En cours de route, des psychologues, des intervenants culturels et des psychomotriciens s’ajouteront à la liste des intervenants.

Le poste d’encadreur des activités se trouve sous la houlette du président de l’association parentale. Responsable de l’établissement, il organise les programmes de la crèche dans le respect du projet pédagogique.

Il prend en considération les besoins individuels des enfants et veille à la mise en place des mesures d’accompagnement des nouveaux venus. Il est le trait d’union entre les parents et les employés de la crèche.

L’administration d’une crèche parentale

À l’image d’une crèche classique, la crèche parentale accueille et garde des enfants. Leur différence réside dans l’organisation interne.

L’organisation de la journée

Membres actifs de la crèche, les parents surveillent le déroulement de la journée. La distribution des tâches journalières s’opère suivant le temps libre de chacun et du nombre d’employés disponible. L’emploi du temps est aussi élaboré en fonction des programmes de la journée.

En dehors des demi-journées obligatoires, chaque parent assume un temps de présence défini selon ses taux d’encadrement préalablement déterminés par l’association. Ainsi, la durée peut varier de 2 à 4 heures ou plus, si la situation l’exige.

Les règles de fonctionnement

Les modalités de fonctionnement internes ont été fixées au préalable avec les membres de l’association parentale. Elles définissent :

  • les horaires d’ouverture et de fermeture ;
  • les repas des enfants ;
  • les activités ;
  • les missions de chaque membre ;
  • l’investissement ;
  • le projet pédagogique dans son ensemble.

Le règlement intérieur précise également :

  • la participation financière et personnelle des parents ;
  • les activités d’éveil ;
  • les jours d’ouverture ;
  • l’âge et le nombre d’enfants admis.

Par ailleurs, aucune contrainte administrative et légale n’impose une activité quelconque. La crèche peut organiser toutes les activités pédagogiques envisageables (atelier de peinture, de dessin, de cuisine…) et accueillir tous les enfants sans exception (y compris les enfants en situation de handicap).

Les conditions d’une crèche parentale

La crèche parentale propose des services à l’enfance de proximité. Elle est animée des valeurs de solidarité et de bienveillance. L’adhésion à la structure réclame toutefois certaines conditions.

Les conditions d’admission dans une crèche parentale

En règle générale, les conditions d’admissions sont fixées dès son ouverture. Sont en charge de leur établissement : le directeur de la crèche ainsi que les membres décisionnaires de l’association. Évidemment, les conseils des parents sont pris en considération.

Le nombre d’enfants admis est discuté lors des réunions. Dans la majorité des cas, les crèches parentales reçoivent une vingtaine d’enfants.

L’âge de l’enfant est également étudié. Dans l’idéal, autorisez les enfants de 3 mois à 3 ans, mais vous êtes libre de les garder jusqu’à leur admission en maternelle.

Étudiez ensemble la présence hebdomadaire des parents. En effet, ceux qui inscrivent leur enfant endossent une obligation de présence et une obligation de participation par semaine.

Les conditions d’accueil dans une crèche parentale

La crèche parentale respecte les mêmes règles appliquées à la crèche collective traditionnelle. En d’autres termes, elle garde des enfants et veille à leur bien-être. La norme exige un garde pour 5 enfants qui ne marchent pas et un garde pour 8 enfants qui marchent. En dehors cette règle, les membres sont libres d’instaurer des prescriptions complémentaires.

À noter que la garde requiert de l’expertise. Les parties prenantes doivent garantir la santé, le développement et la sécurité des enfants.

Pour obtenir une place, conseillez les parents d’inscrire leur enfant le plus tôt possible, voire avant la naissance.

une femme aux longs cheveux bruns, joue avec un enfant sur une table, avec de la pâte à modeler.
L’avantage d’une crèche parentale, c’est que le nombre d’enfants est limité, ce n’est pas l’usine.

L’investissement dans une crèche parentale

Les frais d’une crèche parentale varient d’une structure à une autre. Sa tarification repose sur les qualifications du personnel et éventuellement sur le prix de location du local.

Le coût d’une crèche parentale

La loi administre les tarifs des crèches parentales. Les structures conventionnées par la Caisse d’Allocation Familiale obéissent aux tarifs PSU (Prestation de service unique). Ces derniers se traduisent par une cotisation horaire fixée en fonction du barème annuel de la CNAF, des revenus du foyer et du nombre d’enfants à charge. Le prix se situe entre 0,20 à 2,91 euros de l’heure.

À titre d’exemple : Un foyer qui gagne 1500 euros de revenu mensuel net avec un enfant à charge paie approximativement 190 euros de frais par mois pour 50 heures de garde par semaine (de 8 h à 18h), soit 10 heures par jour.

Un foyer au revenu mensuel net de 4500 euros avec 2 enfants à charge verse un total de 490 euros par mois, pour le même horaire de garde.

Les aides externes au profit des crèches parentales

Les parents qui inscrivent leur enfant dans une crèche agréée par la CAF prétendent aux aides étatiques. Les subventions sont directement versées au compte de la structure. Pour en bénéficier, la CAF n’impose aucune démarche administrative.

Par ailleurs, la municipalité apporte sa pierre à l’édifice. Elle finance l’entretien des locaux ou offre de la main-d’œuvre pour les services de conciergerie. La CAF apporte également sa part de contribution. Elle fixe un taux à l’heure pour une garde d’enfant.

Les particularités d’une crèche parentale

La crèche parentale s’apparente à une forme intermédiaire entre vie de famille et collectivité. Elle recèle d’autres propriétés.

L’engagement des parents dans un projet pédagogique d’envergure

L’engagement quotidien des parents dans la vie des enfants fait toute la différence entre une crèche traditionnelle et une crèche parentale. La structure les incite à donner de leur temps et de leur énergie. Cette obligation concerne tous les parents, même si certains éprouvent du mal à jongler entre vie professionnelle et garde.

Ce fonctionnement interne profite aux parents qui appliquent un horaire de travail fixe. Leur emploi du temps invariable facilite l’organisation de leurs heures de présence. Elle convient également aux parents qui appliquent des horaires de travail flexible.

Par ailleurs, les postes les plus exigeants (président, vice-président, trésorier) qui demandent un maximum d’investigation s’adressent aux parents libres qui ne sont pas accaparés par leur travail.

L’esprit de bienveillance et le climat de confiance

Les crèches parentales sont des structures à taille humaine. Tout le monde se connaît. L’ambiance est agréable et l’atmosphère sereine. Il y règne un climat chaleureux. Les parents se rapprochent les uns des autres et nouent des liens d’amitié. Ils se partagent leurs ressentis, font des projets, organisent des bons plans…

La structure carbure essentiellement à l’ambiance et à l’entraide qui anime les membres. Toutefois, l’organisation dissimule un inconvénient majeur. Il ne convient guère aux parents ayant plusieurs enfants. Néanmoins, l’administration est ouverte à toute proposition. Les nouvelles idées et les nouvelles suggestions d’amélioration sont les bienvenues.

La crèche parentale, quel intérêt ?

Certains parents refusent d’inscrire leur enfant dans une crèche parentale par manque de temps. D’autres répugnent l’idée de placer dans d’autres mains la garde temporaire de leur enfant. Pourtant, la crèche parentale recèle bien des avantages.

Un épanouissement assuré pour l’enfant

La collaboration parent-professionnel fait toute la richesse du projet pédagogique. La forme intermédiaire entre la vie familiale et la collectivité assure l’épanouissement de l’enfant. Le mode de garde encourage d’autant plus l’implication et l’investigation des parents. Ils gardent eux-mêmes leur enfant, entretiennent les locaux et s’occupent des tâches qui leurs incombent.

De leur côté, les enfants bénéficient de la présence de l’un de leurs parents quelques heures, en dehors de leur cohabitation dans le foyer. Ils bénéficient également de l’aide des services à l’enfance de proximité et des experts employés dans la crèche.

Parents, enfants et professionnels sont animés par les mêmes valeurs de convivialité et de proximité.

Un rapprochement des parents et des enfants

Certains enfants se plaignent de manquer d’affection parentale. Cette frustration disparait dans la crèche. La structure associative place les parents au centre du projet pédagogique. En leur attribuant plusieurs responsabilités, elle favorise leur rapprochement avec leur enfant. Parent et enfant se côtoient et renforcent leur lien hors du cercle familial.

Les parents interviennent activement dans l’amélioration de la vie de la crèche. Ils mobilisent leur temps et versent une bonne part leur budget dans le bon fonctionnement de la structure. Ils participent même aux commissions, aux activités pédagogiques et à l’administration sous toutes ses coutures.

une femme aide une petite fille à peindre un oeuf en lui tenant l'oeuf avec sa main. Tout sourire, la petite fille tient un pinceau et peint l'oeuf tendu par la femme. Devant elles, sur une table, se trouve un boite d'oeufs peints.
Les parents sont très impliqués dans les activités de la crèche

Découvrez notre article sur comment s’organiser avec un bébé.

Comment fonctionne une crèche parentale : en résumé

Créer une crèche parentale s’apparente à un parcours du combattant. Les 3 étapes de création se résument à la mise en place d’une association, aux règlements des contraintes administratives et au choix d’un local. Après la création vient l’organisation. Une crèche parentale possède un organigramme composé d’un directeur, d’un directeur adjoint, d’un trésorier et d’une secrétaire.

La structure répartit l’ensemble des tâches aux parties prenantes : aux membres de l’association et aux parents. Elle établit ses règlements internes : horaires, budget prévisionnel, personnel, critères d’admission d’enfant et emploi du temps quotidien. La crèche parentale accueille des enfants de 3 mois à 3 ans et plus.

Sur le plan financier, chaque parent verse un montant variable en fonction de plusieurs critères : prix de location du local, revenus mensuels et nombre d’enfants à charge. Le tarif mensuel de la crèche s’amenuise si elle bénéficie d’une agrégation de la CAF.

L’implication des parents et l’esprit de bienveillance font la force de la crèche parentale. Ces qualités garantissent l’épanouissement de l’enfant et son rapprochement avec ses parents et sa communauté.

Et vous, que pensez-vous du mode de fonctionnement d’une crèche parentale ? Avez-vous déjà inscrit votre enfant dans une telle structure pédagogique ? Comment faites-vous pour garder vos enfants en votre absence ? Donnez-nous vos avis dans les commentaires.

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